Nos actions

Parcours laïque et citoyen

Depuis 2016 , le Conseil Départemental de la Haute Garonne (CD 31) a mis en place le Parcours Laïque et Citoyen (PLC31) pour promouvoir le principe de laïcité et les valeurs de la République auprès des collèges de la Haute Garonne, en partenariat avec l’Éducation nationale. De nombreux acteurs ont été sollicités, dont diverses associations auprès desquelles un appel d’offre a été lancé. Notre association, qui a l’habitude des débats dans le respect des valeurs citoyennes et le développement de l’esprit critique, a été tous les ans retenue par le CD31.

Nous avons le plaisir de vous informer que le Conseil Départemental de la Haute-Garonne a renouvelé l’intervention du GREP au Parcours Laïque et Citoyen dans les collèges, auprès des classes de 6ème, 5ème, 4ème et 3ème pour l’année scolaire prochaine. Cette démarche est commune avec le rectorat. Voir le site web : Le parcours laïque et citoyen en pratique.

Dans ce cadre, le GREP intervient en classe pendant 2 heures, dans le temps scolaire et en présence d’un professeur. Ceci est réalisé par deux adhérents du GREP ayant une expérience dans le domaine de l’enseignement et qui ont exprimé un fort intérêt personnel pour ce projet. La méthode pédagogique utilisée est adaptée à ce public de collégiens, avec des approches interactives et transversales.  Une dizaine d’adhérents sont intervenus dans plus 100 classes de divers collèges de la Haute Garonne, jusqu’à Montréjeau. L’équipe en charge de cette activité au sein du GREP accueillerait avec plaisir de nouveaux bénévoles.

Si vous souhaitez vous y investir, contactez la responsable: Nicole DUMAS – mobile: 06 15 24 24 13 – n.dumas430[ à ]laposte.net

Prendre contact avec le secrétariat du GREP : grep-secretariat[ à ]orange.fr

Students Ex Machina

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Dans le cadre d’une réflexion interdisciplinaire, 36 étudiants des 3 universités de Toulouse, ainsi que de l’école nationale vétérinaire, de l’ISAE, de l’ENS Lyon et de l’ENSAI à Rennes, ont travaillé en groupes sur 8 thématiques différentes, examinées lors du colloque. Le résultat de ces travaux est présenté ci-après.

Cette forte implication de la jeune génération dans la préparation et l’animation du colloque a constitué une expérience unique en France et en Europe. Voir leur site Students ex Machina

Les groupes et les sujets

Les NBIC, l’IA, la robotique et les biotechnologies sont-elles l’avenir des soins de santé ?
Jean-Pierre Madier et Pierre Duffau
Audrey Guerrero / UT2J – M1 Psychologie
Julie Picavet / UT2J – M1 Psychologie
Karla Mirailles / UT3 – M1 Bio-santé
Margaux Rollin / UT2 – M1 Philosophie (Éthique du soin)
Natacha Guay / UT2 – M1 Sociologie
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Le principe de précaution: un frein ou un stimulant ?
Jean-François Alleman et Laurence Calandri
Léa Combres / UT3 – M1 Bio-Santé
Louis-Théophile Brunie / ISAE – M1
Laura Schneider / UT2 – M1 Sociologie
Ronny Jean-Marie Désiré / UT3 – L3 Ingénerie Chimie
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Les technosciences menacent-elles les libertés individuelles ?
Emilie Debeats et Michel Rouffet
Clément Péré / UT1 – M1 Collège Droit
Narimane Bennani / UT1 – M1 Collège Droit
Kevin Oliveira / UT2J – M2 Psychologie
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La technologie peut augmenter les capacités physique et mentales et le pourra de plus en plus, mais le doit-elle ?
Jean-Pierre Madier et Pierre Duffau
Audrey Vilas / UT2 – M1 Sociologie
Eléazar R. Etongo Mbock / UT3 – L3 Biologie
Laura Emin / UT3 – L3 Médecine
Sebastien Casteres / UT3 – L3 Médecine
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Les limites morales doivent-elles évoluer en fonction des avancées scientifiques ?
Paul-Antoine Miquel et Marie-Alix Dessouli
Noémie Duburel / UT2 – M1 Philosophie (Éthique du soin)
Rudy Organini / UT2 – M1 Philosophie (Éthique du soin)
Valentine Vigne / UT1 – M1 Collège Droit
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Peut-on fixer une limite à la manipulation du vivant ?
Didier Vilette et Fanélie Bertrand-Trouvé
Amélie Poinsard / UT3 – L3 Médecine
Gabrielle Léonétout / UT2 – M1 Philosophie (Éthique du soin)
Sarah Duverdin / UT3 – M1 Bio-santé
Nathan Nougué / Université de Rennes – M2 Stat Ingé
Elias Samrakandi / UT2 – M1 Philosophie
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Post-vérité, relativisme et désinformation : comment redonner de la valeur à la parole scientifique ?
Emmanuelle Durand-Rodriguez et Max Lafontan
Benjamin Anizon / UT3 – L3 Biologie
Gabriel Le Texier / UT3 – M1 ENVT/Médecine
Simon Lévêque / UT2J – M1 Sociologie
Baptiste Delavigne / UT2J – M2 Sociologie
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Qui détermine la direction du progrès : la science? L’argent ? Le marché? La démocratie ?
Jean-François Simonin
Antoine Larribeau / ENS Lyon – M1 Sociologie
Pierre Flores / UT3 – L3 Médecine
Simon Calonne / ISAE – M1
Thibaut Sibbouni / UT3 – M1 Biosanté
Emilie Amirou / UT2 – M1 Philosophie
Grégoire Aulagner / TBS – M1 Finance de marché
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Appel

L’Appel pour un engagement responsable face aux défis des technosciences est un texte qui résulte du colloque organisé par le GREP (Groupe de Recherche pour l’Éducation et la Prospective) organisé à Toulouse les 5, 6 et 7 avril 2018 sur le thème : « L’être humain face aux défis des technosciences »). À la fin de cette manifestation, les participants – dans un geste très symbolique – se sont mis debout pour signifier leur soutien à cet Appel ainsi que leur engagement personnel à défendre les valeurs humanistes qui le sous-­tendent.

Face à l’accélération du rythme des développements technologiques, à l’absence de réel contrôle de ces dynamiques techniques, aux risques pour l’être humain et la biosphère que fait courir cette avancée à l’aveugle, les signataires de cet Appel demandent que soit mise en place une gouvernance des technosciences tant au niveau national, européen qu’international, combinant à la fois participation citoyenne, exigence éthique et enjeux de développement durable. Si vous vous reconnaissez dans cette approche éthique des technosciences, qui privilégie la protection du vivant par rapport à la seule utilité marchande de l’innovation, merci de bien vouloir signer cet Appel, comme l’ont déjà fait de très nombreuses personnes.

Texte de l’appel

Appel pour un engagement responsable face aux défis des technosciences

L’humanité a atteint un niveau de développement technologique porteur de beaucoup d’espoirs, mais qui génère également de grandes inquiétudes. Cela concerne tout particulièrement l’ingénierie génétique, les prolongements de l’humain, les robots et systèmes autonomes, les algorithmes, les modèles numériques du vivant. L’accélération des dynamiques techniques réduit nos capacités d’adaptation et de contrôle des développements technologiques. Le temps des échanges entre disciplines, mais aussi entre sciences et sociétés, reste limité et laisse place à une avancée à l’aveugle.

Les technosciences marquent une nouvelle période géologique – l’anthropocène – et un nouveau rapport entre l’humain et son environnement biophysique. Mais leur développement s’effectue sans prendre en compte les effets à moyen et long terme d’intégration des technologies ainsi que les nouvelles vulnérabilités et l’accroissement des inégalités qui en résultent. Leur développement ne fournit pas non plus les principes et modalités qui garantiraient l’encadrement adéquat de leurs formidables capacités de transformation du monde. Après une époque de grands progrès, les risques de disparaître en raison même de ce progrès deviennent tangibles. Il n’est pas question d’appeler à un quelconque moratoire impossible sur le développement des technosciences. Pas plus qu’il ne peut être question de continuer aveuglément dans une course accélérée face à tant de risques. Acteur aux pouvoirs désormais conséquents, et conscient de ses actes, l’humain ne peut nier sa responsabilité du devenir commun, responsabilité qui s’étend à l’ensemble de la biosphère, et aux générations futures.

Nous, signataires de cet Appel, appelons à donner à l’humain le temps et les moyens de délibérer, d’apprécier ses objectifs et d’évaluer ses créations. Nous dénonçons ici le mythe que toute innovation technologique serait un progrès forcément désirable, non critiquable et sans alternative. À toute innovation doit être associée l’indispensable évaluation de ses effets sociaux et environnementaux. Par cet Appel, nous affirmons le besoin urgent d’une large participation citoyenne concernant les développements des technosciences. Celle-ci doit s’appuyer sur un partage de savoirs, de valeurs et de techniques, dans la transparence des choix et des pratiques.

Nous déclarons ici notre engagement à agir. Nos actions seront guidées par des principes nous permettant de l’assumer pleinement. Ces principes sont :

– La relation asymétrique de responsabilité de l’humain envers le vivant et les générations futures. Cette responsabilité ne traduit pas un sentiment d’altruisme généreux mais une conscience aiguë du lien qui nous unit durablement aux vivants – humains, animaux et végétaux – avec lesquels nous partageons la biosphère.
– L’intérêt collectif n’est pas la simple maximisation d’intérêts individuels, laquelle peut engendrer de graves risques dans le développement et l’usage des technosciences. Seules plus de démocratie et de régulation, internationales et locales, dans le respect de la diversité et des fondamentaux sociaux et culturels, peuvent permettre à chacun de vivre solidairement dans les sociétés humaines et d’agir de façon responsable pour l’avenir commun.
– Le caractère éminemment collectif de notre responsabilité. L’humain a toute capacité d’utiliser la raison pour mieux comprendre sa position et son rôle dans le monde du vivant, mieux discerner ses objectifs réellement désirables et agir en conséquence, plutôt que d’user aveuglément de son savoir et de sa puissance pour se détruire.

Nous appelons chacun à adhérer par son comportement et ses actions, des plus simples aux plus engageantes, aux valeurs éthiques de responsabilité et de solidarité. Les valeurs individuelles de liberté, sécurité, et respect de la vie privée, ont été une source de progrès importants, mais nous estimons qu’en aucun cas elles ne doivent primer sur les valeurs collectives qui privilégient le futur de la biosphère, l’intérêt général et le long terme. Tout développement qui ne serait pas soutenable sur la durée, au bénéfice de tous, notamment les plus fragiles, reviendrait à admettre la supériorité ponctuelle de quelques-uns et serait contraire à nos valeurs et principes humanistes.
Il ne s’agit plus simplement de multiplier des innovations à destination d’un marché qui les sélectionnera en fonction de leurs potentiels de croissance ou de profit. Il s’agit plutôt de réorienter les priorités des technosciences dans le sens de préserver l’avenir de la biosphère et de l’humanité. Les choix et priorités éthiques sont naturellement dans une dynamique constante, liée en particulier aux évolutions des technosciences. Plutôt que de réagir a posteriori, et avec difficulté, nous devons nous efforcer de concevoir et évaluer nos développements technologiques conjointement à l’évolution de nos choix en fonction de nos valeurs fondamentales.

Cela nécessite, nous en sommes convaincu.e.s, de former et de responsabiliser très largement autour de nous, car chacun porte, dans ses choix et ses actes les plus modestes, une responsabilité sociale face aux défis des technosciences. Les efforts d’éducation et d’information sont d’autant plus essentiels qu’ils font face à des moyens considérables de persuasion, voire d’endoctrinement, sur des valeurs de consommation, d’individualisme et de tendances qu’il conviendrait de suivre. Il s’agit de développer une réelle formation citoyenne visant à rendre chacun capable de mettre en œuvre une pensée critique nécessaire à l’expression des choix démocratiques. Le citoyen et la citoyenne, éduqués et bien informés, doivent pouvoir être acteur et actrice du déploiement des technosciences. Ceci afin d’être en mesure de s’assurer de la dissémination raisonnée des innovations, et influer sur leur usage.

Nous appelons à la mise en place d’une gouvernance des technosciences au niveau national, européen et international, combinant participation citoyenne, exigence éthique et enjeux de développement durable. Nous affirmons l’urgence pour les institutions internationales, et en particulier pour l’Union Européenne, d’agir en faveur d’une évolution du droit relativement à des développements technologiques et des changements qui affectent potentiellement toute l’espèce humaine et la planète. Les régulations que nous réclamons pour faire face aux défis des technosciences ne le sont pas au titre d’un protectionnisme étroit, mais au titre d’une approche de responsabilité humaine globale nécessaire à un développement vertueux et harmonieux des technosciences, au bénéfice de tous. Cette approche éthique doit s’inscrire dans une action qui privilégie la protection du vivant par rapport à la seule utilité marchande de l’innovation.

Nous affirmons que les actions à mettre en place, sur lesquelles nous nous engageons à agir et à mobiliser largement, se doivent d’être locales autant que globales :

– actions locales à l’échelle de chacun et chacune, de son comportement et mode de vie, de ses choix et engagements dans son milieu professionnel, associatif, relationnel et familial ;
– actions globales à l’échelle des nécessaires changements internationaux défendus dans cet Appel. On ne saurait, en effet, faire face aux risques de dynamiques mondiales, puissantes et intégratives sur un large spectre technologique et géographique, que par des initiatives ponctuelles et purement locales.

Nous reconnaissons que cet Appel rejoint et prolonge de nombreuses déclarations internationales, démontrant ainsi la prise de conscience croissante relative aux préoccupations évoquées ici, et renforçant notre optimisme sur la convergence effective des forces de bonne volonté pour relever ensemble les défis des technosciences au service de l’humanité.

Toulouse, le 7 avril 2018

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